mercredi 19 juin 2013

A LIRE : Derniers Fragments d’un long voyage de Christiane Singer



« Je suis déjà gagnante même si, pour ceux qui ne voient que le visible, j'allais tout perdre. »                                                                                                

Du 1er septembre 2006 au 1er mars 2007, Chirstiane Singer a tenu le journal de l'épreuve qu'elle traverse et dont, lui avait dit un jeune médecin, elle ne survivrait pas plus de six mois. 'J' ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon oeuvre, toute mon écriture, était un partage de mon expérience de vie'. Aujourd' hui, elle raconte son quotidien, les affres et le désarroi, comme la joie et le bonheur d'être qu'elle n'a jamais autant connus. Au fil des jours, du corps qui souffre puis s'apaise, de l'amour des siens, des visites, des prières (qu'elles relèvent du christianisme du judaïsme, du bouddhisme  de l'hindouisme, du soufisme), des descentes dans l'abîme et des montées de lumière, elle exprime cette force de disponibilité qui l'habite, cette allégresse profonde à magnifier la vie, à en recueillir la sève dans l'instant le plus infime. Un texte transparent, ardent, essentiel, l'aboutissement de toute une oeuvre. On y retrouve la même composition mêlant pensées, rencontres, anecdotes pour exprimer cette intensité d'être, la perception que tout en nous est coulée unique, joie et tristesse, souffrance et sérénité, une vibration d'énergie et d'amour qui transcende toutes les oppositions et toutes les représentations erronées de la vie et de la mort.                                                      

dimanche 9 juin 2013

Une pensée pour ceux qui sont restés sur les plages ce jour là ...n'oublions pas.



Le 6 juin 1944 a lieu la plus grande opération logistique de l’Histoire : le débarquement des troupes alliées en Normandie.
Après avoir créé une efficace diversion dans le Pas-de-Calais, les troupes alliées – américaines, britanniques, canadiennes, françaises libres, polonaises, etc. – débarquent en Normandie. Dans la nuit, des parachutistes avaient déjà été déployés derrière les lignes ennemies. Le but est de créer un front supplémentaire en Europe, libérer la France de l’occupation allemande et rejoindre les Russes à l’Est. Ainsi, l’Allemagne nazie est prise en étau.
Il s’agit de la plus grande opération logistique de l’Histoire. 3 millions d’hommes ont en effet été débarqués, dont près de 150 000 le Jour-J, le 6 juin 1944. 5 000 navires et 10 000 avions y sont employés. La suite des opérations s’avèrera plus compliquée et des combats difficiles se dérouleront en Normandie. Paris sera libérée le 25 août ; l’Allemagne capitulera le 8 mai 1945.

vendredi 31 mai 2013

Charles Chaplin: "Le jour où je me suis vraiment aimé"

Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et, alors, j’ai pu me détendre. Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Estime de soi.

Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle, n’étaient rien d’autre qu’un signal quand je vais contre mes convictions. Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Authenticité.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive, contribue à ma croissance personnelle. Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Maturité.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment… Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Respect.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme. Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Amour propre.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand ça me plaît et à mon rythme. Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Simplicité.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison, et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd’hui j’ai découvert… l’ Humilité.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd’hui je vis une seule journée à la fois. Et ça s’appelle… Plénitude.


Le jour où je me suis vraiment aimé, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci est… Savoir vivre !


Nous ne devons pas avoir peur de nous regarder en face.
Du chaos naissent les étoiles.

Charles Chaplin

Les gens qui doutent : A. de la Simone, J. Cherhal, V. Delerm

jeudi 30 mai 2013


What Stops People From Pursuing Their Dreams ?

Maurice Zundel, Silence Parole de Vie, Editions Anne Sigier 1990, p48.*

*Il est impossible de connaître l'homme autrement que dans la réciprocité et, dès que l'homme se sent traité en objet, il se ferme et se barricade contre l'indiscrétion d'autrui. Il se révolte contre le mépris qui le réduit au rang d'objet, il attend avec d'autant plus de violence l'amour qui lui ouvrira les portes de l'infini, en lui apportant justement une intimité à laquelle la sienne pourrait s'ouvrir. * ** *Maurice Zundel, Silence Parole de Vie, Editions Anne Sigier 1990, p48.*

mardi 28 mai 2013

" Patience, indulgence, tolérance, c'est avec ce bagage qu'il faut voyager parmi les hommes. "
Citation d'Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime - 2 mai 1877

samedi 6 avril 2013

TOUS INTOUCHABLES SOIRÉE EXCEPTIONNELLE LE 8 AVRIL A BEAUVAIS



Lundi 8 AVRIL :  20h, LaSalle Beauvais 


organise une soirée sur le handicap et les fragilités avec :

 Jean Vanier, philosophe et humaniste, fondateur de l’Arche.

 Stephan Posner, directeur général de l’Arche en France.

 Laurent de Cherisey, directeur général de l’association Simon de Cyrène (parrainée par Philippe Pozzo di Borgo).

Philippe Pozzo di Borgo, homme d’affaires devenu tétraplégique. Son expérience a inspiré le film « Intouchables » (vidéo-témoignage).



19 rue Pierre Waguet, 60026 Beauvais, France


Sous le patronnage de Caroline Cayeux, Sénateur maire de Beauvais

jeudi 21 mars 2013

Jeudi 21 mars à 19 h YVONNE LE TAC, LA VIE SIMPLE ET HEROIQUE D’UNE MONTMARTROISE

Conférence à deux voix de Béatrice Cahors et de Monique Le Tac, sa petite fille.
Bien que d’apparence et de santé fragiles, Yvonne Le Tac (1882-1957) était une de ces femmes au caractère bien trempé, forgé dans la lutte qu’elle menait continuellement pour l’émancipation et la liberté. Institutrice puis directrice de l’Ecole de filles de la rue Antoinette - aujourd’hui Collège Yvonne Le Tac-, résistante et déportée en1942, elle reste néanmoins assez méconnue, même si depuis le 8 juin 1968, l’ancienne rue Antoinette porte désormais son nom, dans le dix-huitième arrondissement de Paris.
Professeur d’Histoire-Géographie pendant vingt ans au Collège Yvonne Le Tac, Béatrice Cahors a rencontré avec ses élèves, à plusieurs reprises, Monique Le Tac, journaliste à l’ORTF puis à FR3.
A deux voix, elles retraceront la vie de cette Montmartroise, passionnée de civisme et de valeurs républicaines, et témoigneront de l’admiration que suscitait cette courageuse patriote survivante d’un grand combat, dont la saga familiale a traversé le siècle et atteste de notre histoire.

A l’issue de la rencontre, Monique Le Tac dédicacera son livre Yvonne Le Tac - Une femme dans le siècle, de Montmartre à Ravensbrück, préfacée par Geneviève de Gaulle.



Salle paroissiale de l’église Saint-Pierre de Montmartre – 2, rue du Mont-Cenis – Paris 18°
Gratuit pour les adhérents - 8 € pour le public extérieur.

lundi 18 mars 2013

Neruda

‎"Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd’hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d’être heureux!"

Neruda

samedi 16 février 2013

Read more: LEONARD COHEN - IF IT BE YOUR WILL LYRICS


If it be your will, that I speak no more
And my voice be still, as it was before
I will speak no more, I shall abide until
I am spoken for, if it be your will

If it be your will, that a voice be true
From this broken hill, I will sing to you
From this broken hill
All your praises they shall ring
If it be your will, to let me sing

From this broken hill
All your praises they shall ring
If it be your will, to let me sing

If it be your will, if there is a choice
Let the rivers fill, let the hills rejoice
Let your mercy spill
On all these burning hearts in Hell
If it be your will, to make us well

And draw us near and bind us tight
All your children here, in their rags of light
In our rags of light, all dressed to kill
And end this night, if it be your will
If it be your will


 LEONARD COHEN - IF IT BE YOUR WILL LYRICS 

Leonard Cohen London 2009 live - If it be your will

dimanche 28 octobre 2012

«Réaliser le canal Seine-Nord Europe est une nécessité pour la relance et pour l'emploi»

Chers amis,

Je viens de lire et signer la pétition en ligne.: «Réaliser le canal Seine-Nord Europe est une nécessité pour la relance et pour l'emploi»  ...et mille autres raisons...!!!!
( Transport / Logistique / Développement durable / fluvial Français etc.. )

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N30737

Personnellement, je suis d’accord avec cette pétition et je crois que vous pouvez l’être aussi.

Souscrivez à cette pétition et divulguez-la auprès de vos contacts.

Merci,
vanessa

mercredi 17 octobre 2012

dimanche 16 septembre 2012

Ornella Vanoni - Dettagli

A LIRE : «Contre la barbarie» Klauss Mann

AUTEUR :
Klaus Mann est né le 18 novembre 1906 à Munich. Il entre en littérature au début de la république de Weimar. Adversaire du nazisme, il quitte l’Allemagne en 1933 et est déchu de sa nationalité en 1935. Il se suicide à Cannes, le 21 mai 1949. Son talent s’est aussi bien exprimé dans le roman que l’essai, le théâtre et l’autobiographie. Son œuvre est aujourd’hui considérée comme l’une des plus importantes de la littérature allemande. Contre la barbarie (Phébus, 2009) et Point de rencontre à l’infini (Phébus, 2010) en sont les preuves irréfutables.


«Autant aller directement à l'essentiel: cette lettre de Klaus Mann adressée à Stefan Zweig en octobre 1930, juste après le succès électoral des nazis au Reichstag, succès étourdissant, jugé par Zweig dans un article comme un signal de la jeunesse «contre les lenteurs de la haute politique». Zweig trouve «naturelle» cette révolte des jeunes; ce ne serait que pour ses propres goûts personnels, il n'y mettrait bien sûr pas le petit doigt, mais il est d'humeur compréhensive. Les jeunes... La réponse de Klaus Mann à l'illustre auteur est cinglante:
«Tout ce que fait la jeunesse ne nous montre pas la voie de l'avenir Moi qui dis cela, je suis jeune moi-même. La plupart des gens de mon âge - ou des gens encore plus jeunes - ont fait, avec l'enthousiasme qui devrait être réservé au progrès, le choix de la régression. C'est une chose que nous ne pouvons sous aucun prétexte approuver. Sous aucun prétexte.»
Toute la suite de cette réponse est un prodige d'insolence respectueuse, de lucidité ardente; elle pourrait servir d'emblème à ce recueil de textes réunis aujourd'hui grâce aux bons soins de Dominique-Laure Miermont. Articles, lettres, réponses à des questions, ils ont tous en commun cette même vigueur, ce même irrespect fondamental et immédiat pour la mauvaise puissance qui entraîne son pays, et quel pays: l'Allemagne, la merveilleuse Allemagne de Bach et Goethe, de Novalis et Heine. Comment une telle chose aura-t-elle été possible? A la vérité, le Klaus Mann de 1930, prenant sur lui de tancer le grand Zweig, a déjà saisi la mesure des événements, il a déjà fait ses comptes. Il a observé, à moins d'un mètre, Hitler à la terrasse d'un tea-room munichois, se gavant de tartelettes à la framboise (la scène figure dans «le Tournant»), et il a compris tout de suite qu'on avait affaire à un «minable».
Voici donc cet enfant de l'exquise République de Weimar, ayant goûté au vertige du frivole, capable soudain de cette sagesse, d'une incroyable capa cité de recul, de dessillement: il demeure l'ange bouleversant, le noctambule des temps new-yorkais de l'émigration solitaire, preneur de drogue et de sexe et en même temps, oui, ce sage qui résiste pied à pied aux chimères du Nouveau. Car il ne faut pas s'y tromper, et Klaus Mann ne s'y est pas trompé: ce qui a fait au début le succès des nazis, ce fut d'abord d'incarner une forme de modernité, une excellence dans ce que nous appelons aujourd'hui l'art de la «com».
Klaus Mann n'était pas juif, il était pétri de cette culture allemande dont son père, Thomas Mann, le Magicien, et son oncle Heinrich, le républicain, l'admirateur de Zola et de la France, furent pour lui les si précieux transmetteurs: on a vu dans d'autres cas comme cet héritage incomparable se révéla insuffisant. Klaus Mann eût pu rejoindre les rangs de cette élite culturelle, littéraire, qui trouvait aux nazis un air original, quasi amusant, certes un peu vulgaire, mais allant dans le bon sens. Combien d'écrivains européens furent capables, au même moment, d'une telle capacité de discernement?

Destin tragique

C'est qu'on touche ici au point central de la solitude qui fut celle de Klaus Mann tout au long de ces années. Et laissons donc ici cette lancinante complainte du fils maudit, écrasé par le génie paternel. Klaus Mann était allemand, il a aimé l'être jusqu'à la fin: on veut dire par là que l'Allemagne est restée pour lui un de ces lieux du monde où le Beau s'est montré, et on ne peut lire ici sans être profondément ému ces pages de confiance adressées malgré tout à son pays, aux gens qui y vivent. Klaus Mann n'a jamais cru qu'il y avait autre chose, dans le nazisme, qu'un terrifiant pouvoir d'enlaidissement et de destruction de ce qu'il y a de meilleur et de plus beau ici-bas.
Autre point encore, dont témoignent ces textes et qui est fondamental pour la lecture que nous allons en faire désormais: la lucidité dont Klaus Mann fait preuve à l'égard de l'URSS et de son maître de l'époque,Staline. Cela explique en quoi Klaus Mann reste un contemporain capital du XXe siècle. Et pas seulement pour la mémoire. Le destin tragique de Klaus Mann, qui se suicide à Cannes le 21 mai 1949, dans le plus grand isolement, échappe à ces nobles besoins mémoriels que nous avons sans cesse à la bouche. Ce qu'il nous transmet est d'une autre nature: il y a dans ces textes comme dans tous ses livres une aptitude à la nuit de l'homme lucide qui ne tient pas dans les seules limites du militant, fût-il prophétique. D'une certaine manière, Klaus Mann est une incarnation bouleversante du XXe siècle dans tout ce qu'il peut avoir à la fois d'ardent et de désespéré.»

De l'amitié - Droz.


[...] S'il est rare de trouver des amis, n'est-il pas à peu
 près aussi rare qu'on en cherche réellement.
Je vois l'intérêt ou le plaisir rompre des noeuds légers, formés pour un seul jour, et j'entends accuser l'amitié,
qui, cependant, leur était étrangère !
 
On aime son ami sans intérêt vulgaire, on l'aime pour
en être aimé ; il fait partie de notre famille :
un ami est un frère que nous avons choisi. [...]
Tous les échanges sont avantageux avec un être
 qu'on aime et dont on est aimé.
S'il souffre, on partage ses peines ; mais la douleur
qu'on ressent est adoucie par la certitude
d'alléger la sienne,
et par cette émotion qui naît dans notre âme
aussitôt que nous remplissons un devoir.
Lorsqu'à son tour on éprouve un revers,
au lieu de se trouver seul avec le malheur, on reçoit
des consolations si tendres, si touchantes
 qu'on cesse d'accuser le sort pour bénir l'amitié. [...]


Un ami est d'une autre nature que le reste des hommes. Ceux-ci nous dissimulent nos défauts, ou nous
en font apercevoir avec malignité ;
un ami nous en parle sans nous blesser ;
 il nous reproche nos fautes, et,
dans le monde, il sait les excuser.
On ne sent à quel point il peut être cher qu'après
avoir été longtemps le compagnon fidèle
de sa bonne et de sa mauvaise fortune.
 Que d'émotions on éprouve en se livrant au souvenir
 des périls communs, si l'on a traversé avec lui
les orages d'une longue révolution !
 
Ce n'est jamais sans attendrissement qu'on se dit :
Nous avions mêmes pensées et mêmes espérances ;
tel événement nous pénétra de joie,
tel autre nous fit gémir.
 Unissant nos efforts, un jour nous parvînmes à sauver
un infortuné ;
il nous pressa tous deux ensemble dans ses bras.
Bientôt des dangers nous menacèrent : il fallut fuir,
le sort, nous sépara ; mais nous étions toujours
 présents l'un à l'autre.
 
 Il craignait pour moi, je craignais pour lui.
 Je lisais encore dans son âme ; je disais :
Telle frayeur l'agite, il forme tel projet, il conçoit
telle espérance. Enfin, nos peines ont disparu ;
et combien le repos a de charmes !
nous le goûtons ensemble.
 
C'est une absurdité que de s'enorgueillir de la réputation
d'un homme à qui l'on est uni par les liens du sang ;
 mais on peut être fier des rares qualités de son ami.
Les noeuds qu'il a formés ne sont point l'ouvrage
du hasard ; et, puisqu'on a mérité son estime,
 on lui ressemble au moins par les qualités du coeur.
 
Je prends une haute opinion de l'homme à qui j'entends exagérer ou les talents ou les vertus de ses amis.
 Il possède les qualités dont il parle, puisqu'il a
 besoin de les supposer à ceux qu'il aime. [...]
En révérant l'amitié, ne craignons point d'assigner
le rang qu'elle doit occuper dans nos coeurs.
 Une femme est la véritable compagne de notre destinée,
 et l'amitié ne doit être que l'auxiliaire de l'amour. [...]
On ne profane point le nom d'ami en le donnant
à plusieurs hommes, s'ils inspirent une haute estime,
 un tendre intérêt, si l'on ressent toutes leurs peines,
 tous leurs plaisirs, et si l'on est capable
de dévouement envers eux. [...]
 
Oh ! pourquoi l'amour et l'amitié peuvent-ils
cesser d'exister ?
 Pourquoi ne sont-ils pas éternels dans tous les coeurs ?
 Si l'on est trompé dans ses affections,
le plus sûr moyen d'adoucir sa douleur est de former
 encore des résolutions généreuses pour conserver,
pour exalter l'estime de soi-même.
 
Si ton ami t'abandonne, si ta femme se rend indigne
de ton amour, n'ajoute pas au poids de tes chagrins
le fardeau de la haine ; qu'elle ne prenne jamais la place
 des sentiments qui faisaient ton bonheur :
pardonne aux êtres dont tu fus aimé les peines
qu'ils te causent, en te souvenant des jours
qu'ils ont embellis pour toi. [...]
 
 
Joseph Droz, Essai sur l'art d'être heureux

Antony and The Johnsons - Thank You For Your Love (Official Video)

jeudi 6 septembre 2012

mercredi 22 août 2012

PATMOS - MY PARADISE

Between Leros and Ikaria is the ascetic shape of Patmos, called the Jerusalem of the Aegean due to overwhelming atmosphere of the island during the great celebrations of Christianity.

mercredi 1 août 2012


Trois histoires de ma vie ( extrait) -Steve Jobs

[...]
La première histoire parle de relier les points. [...] Vous ne pouvez pas relier les points en regardant vers l'avenir. Vous pouvez seulement les relier quand vous regardez en arrière. Donc vous devez croire que les points se relieront dans votre futur. Vous devez croire en quelque chose - vos tripes, la destinée, la vie, le karma, ce que vous voulez. Cette approche ne m'a jamais quittée, et cela a fait toute la différence dans ma vie.


Ma deuxième histoire parle d'amour et de perte. [...] Je suis pratiquement sûr que rien de tout cela ne serait arrivé si je n'avais pas été viré de chez Apple. C'était un médicament au goût horrible, mais je pense que le patient en avait besoin. Parfois la vie vous frappe dans la tête avec une brique. Ne perdez pas la foi. Je suis convaincu que la seule chose qui m'a poussée à avancer fut que j'aimais ce que je faisais. Vous devez trouver ce que vous aimez. Et cela est aussi vrai pour votre travail que pour vos amours. [...] Comme pour tout ce qui concerne le coeur, quand vous l'aurez trouvé, vous le saurez. Et, comme toutes les grandes histoires d'amour, ce sera simplement de mieux en mieux au cours des années. Donc continuez de chercher jusqu'à ce que vous trouviez. Ne baissez pas les bras.

Ma troisième histoire parle de la mort. [...] Me rappeler que je serai bientôt mort est l'outil le plus efficace que j'ai trouvé pour m'aider à faire les grands choix de ma vie. Parce que presque tout - les attentes, la fierté, la peur d'être embarrassé ou de l'échec - ces choses disparaissent devant la mort, laissant uniquement ce qui est vraiment important. Vous rappeler que vous allez mourir est la meilleure façon d'éviter le piège de penser que vous avez quelque chose à perdre. Vous êtes vraiment nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre votre coeur. [...]

Steve Jobs, PDG de Apple Computer et de Pixar Animation Studios, 12 juin 2005, Traduction Fab Perrin

Joseph Droz - Se libérer du poids de l'opinion.

En suivant la route où se presse et s'agite la foule, on s'éloigne du bonheur, puisque la plupart des hommes se plaignent de leur sort. Si l'on choisit un sentier différent, on ne peut se dérober aux traits de la censure, puisque la multitude suppose qu'on s'égare. C'est donc une insigne folie que d'espérer à la fois le bonheur et l'approbation des hommes. [...] 

Une vérité qu'il faudrait présenter sous mille formes à la jeunesse, c'est que le bonheur exige du courage. Tel homme a des qualités estimables, une famille intéressante, des amis éprouvés, une fortune égale à ses besoins ; son sort vous paraît doux : que le public en juge différemment ! Cet homme, dit le public, a de l'intelligence ; pourquoi n'a-t-il pas augmenté sa fortune ? Il pouvait se distinguer, pourquoi n'a-t-il pas sollicité telle place? Il se pique d'une originalité ridicule, ou plutôt nous le jugions trop favorablement ; et puisqu'il est sans crédit, c'est qu'il ne peut en obtenir. 
Si cet homme n'a pas de courage, plaignez-le ; ils finiront par le rendre honteux de son bonheur. [...] 

Bizarre contradiction ! On juge ses idées avec complaisance, on prononce sur celles des autres avec sévérité ; et chaque jour on sacrifie des principes qu'on estime à la peur d'être blâmé par des gens qu'on méprise. 

A l'instant où j'échappe au joug de l'opinion, quel horizon vaste et serein se développe à mes yeux ! Les plaisirs de la vanité s'enfuient, j'acquiers ceux du repos et de l'indépendance. De combien d'heures je vois s'accroître mes journées ! Je n'en sacrifierai plus au désir inquiet de conserver un protecteur, d'éclipser des rivaux ; je n'en donnerai plus à la triste étiquette ; c'est pour moi désormais que je prolongerai d'agréables veilles. Les caprices des hommes ont perdu sur moi leur empire. Pauvre, j'ignorerai les douleurs qu'excitent la raillerie déchirante et l'accablant mépris ; riche, d'oisifs importuns n'ordonneront point mes dépenses, et l'heureux choix de mes plaisirs multipliera mes richesses. [...] 

J'entends des hypocrites m'accuser ; j'entends des hommes faibles demander s'il n'est point dangereux de prêcher ainsi le mépris de l'opinion. [...] Le méchant et le sage brisent tous deux le joug de l'opinion : l'un pour faire plus mal, l'autre pour faire mieux que le commun des hommes. 

Qu'un être dépravé commette moins de fautes en cédant aux caprices de l'opinion que s'il s'abandonnait à ses propres erreurs, je le conçois. Il est des passions cruelles et des vices honteux qu'elle réprouve, au milieu même de ses égarements ; mais elle donne à la fausseté le nom de politesse, à la lâcheté, le titre de prudence. Craignez le ridicule est sa maxime favorite ; et, pour former des hommes, il faudrait que, jusqu'au fond des coeurs, on imprimât cette autre maxime : Ne crains que les remords ! 

Non, tu n'auras point à rougir de mes leçons, toi qu'une âme simple et généreuse rend digne du bonheur ; mais suis avec courage la route que je trace. [...] Consulte les hommes instruits par les leçons des sages et de l'expérience ; consulte ceux auxquels tu voudrais ressembler : ils t'apprendront surtout à descendre en toi-même. Interrogée de bonne foi, la conscience nous éclaire. Dans le tumulte de nos vices, malgré nous elle se fait entendre, et, si nos passions l'altèrent, après l'orage elle fait reparaître encore la vérité : ainsi le fleuve, troublé par la tempête, aussitôt qu'il se calme, réfléchit de nouveau l'azur du ciel et la verdure de ses rives. [...]

jeudi 5 juillet 2012

Albert Einstein

Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.

lundi 25 juin 2012

Le désaccord

"Il n'est pas rare qu'un désaccord entre amis, alimenté par une réplique cinglante, fasse naître par après une charité plus grande : c'est le cas lorsque sont corrigés les traits qui paraissent déplaisants chez l'ami."

Isidore de Séville, Livre III, Sur le bien suprême.

lundi 18 juin 2012

Rabbi Nachman de Breslau

"Là où sont tes pensées, tu es. Veille donc à ce que tes pensées soient bien là où tu veux être."

Christian Bobin - La folle allure (Extrait)

La légèreté, elle est partout, dans l’insolente fraîcheur des pluies d’été, sur les ailes d’un livre abandonné au bas d’un lit, dans la rumeur des cloches d’un monastère à l’heure des offices, une rumeur enfantine et vibrante, dans un prénom mille et mille fois murmuré comme on mâche un brin d'herbe, dans la fée d’une lumière au détour d’un virage sur les routes serpentines du Jura, dans la pauvreté tâtonnante des sonates de Schubert, dans la cérémonie de fermer  lentement les volets le soir, dans une fine touche de bleu, bleu pale, bleu-violet, sur les paupières d’un nouveau-né, dans la douceur d’ouvrir une lettre attendue, en différant une seconde l’instant de la lire, dans le bruit des châtaignes explosant au sol et dans la maladresse d’un chien glissant sur un étang gelé, j’arrête là, la légèreté , vous voyez bien, elle est partout donnée. Et si en même temps, elle est rare, d’une rareté incroyable, c’est qu’il nous manque l’art de recevoir, simplement recevoir ce qui nous est partout donné.

Sublime & exceptionnel tableau provenant d'une collection privée


vendredi 8 juin 2012

Découverte : Ted Hughes Poèmes (1957-1994) trad. de l'anglais par Jacques Darras et Valérie Rouzeau, préface de Jacques Darras Gallimard, 2009

« Il y a des blaireaux écrasés, des agneaux qui naissent la tête tranchée, des saumons monstres tapis au fond de lacs écossais opaques, qu'on ferre et qui résistent de toute leur puissance vitale. Il y a des faucons, des brochets, des renards nocturnes, bref toute une galerie de prédateurs sur lesquels règne, cynique et dérisoire, un corbeau mythique du nom de Crow. Ted Hughes n'est pas qu'un poète animalier, comme on a trop vite cru. C'est un explorateur de la cruauté qui est au fond de l'être vivant, bête ou homme. Une espèce de poète darwinien moderne ayant croisé les chemins de la fable celtique ancienne. L'héritier de Yeats l'Irlandais mais aussi du guerrier de la Somme Wilfrid Owen, essayant d'articuler ensemble la beauté, la terreur et la pitié. »  (Jacques Darras, dos du livre)

Antony and the Johnson - Alda Merini_Non ho bisogno di denaro

dimanche 3 juin 2012

RÉVERENCE

Face à sa mort imminente, entouré de ses vrais amis (Le Bret et Ragueneau, qui connaissent ses faiblesses) et de Roxane, sous la lune qui lui est si chère (référence au Voyage dans la lune écrit par le vrai Cyrano de Bergerac), Cyrano fait ses adieux. Il décide de se lever pour ne pas attendre la mort passivement, pour livrer, seul, son dernier combat, ce combat qu'il a mené toute sa vie durant, contre tous les maux de l'homme et de la société. Ses derniers mots (ultima verba), consacrés à
« son panache », évoquent à la fois son chapeau orné d'une plume et sa bravoure, traits physique et moral qui ont défini ce héros chevaleresque de cape et d'épée tout au long de la pièce.

CYRANO, est secoué d'un grand frisson et se lève brusquement.
— Pas là ! non ! pas dans ce fauteuil !
On veut s'élancer vers lui.
Ne me soutenez pas ! — Personne !
Il va s'adosser à l'arbre.
Rien que l'arbre !
Silence.
Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,
Ganté de plomb !
Il se raidit.
Oh ! mais !… puisqu'elle est en chemin,
Je l'attendrai debout,
Il tire l'épée.
Et l'épée à la main !
LE BRET. — Cyrano !
ROXANE, défaillante. — Cyrano !
Tous reculent épouvantés.
CYRANO. — Je crois qu'elle regarde…
Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde !
Il lève son épée.
Que dites-vous ?… C'est inutile ?… Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là ! — Vous êtes mille ?
Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le Mensonge ?
Il frappe de son épée le vide.
Tiens, tiens ! — Ha ! ha ! les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés !…
Il frappe.
Que je pactise ?
Jamais, jamais ! — Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !
Il fait des moulinets immenses et s'arrête haletant.
Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez [Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J'emporte malgré vous,
Il s'élance l'épée haute.
Et c'est…

L'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.
ROXANE, se penchant sur lui et lui baisant le front.

— C'est ?…
CYRANO, rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant. 

— Mon panache.

jeudi 31 mai 2012

Jean d'Ormesson

«Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu»

Danser avec le chaos - Jean-François Vézina

Dans son livre, Jean François Vézina invite précisément le lecteur





 à arrêter de vouloir tout contrôler et à accueillir l'inattendu dans sa vie. 



«Il y a dans la vie de chacun des événements qui surviennent et qui remettent tout en question. Cela peut être une rencontre, une rupture amoureuse, une maladie, ou un accident, explique l'auteur.

Face à ce chaos apparent il y a deux façons de réagir: soit en craignant ce chaos soit en choisissant de l'aborder avec curiosité, alors nous nous donnons l'occasion de nous réinventer !
Après tout, ce qui risque de nous faire tomber peut aussi nous apprendre à danser…


Il met également l'accent sur ce qu'il nomme le paradoxe de l'individualisme.

«Il y a une hyper responsabilisation de la société qui exige beaucoup de tout le monde, il faut être performant, avoir un travail, être heureux dans le couple, en bonne santé, dit Jean-François Vézina.

À force de responsabiliser à outrance les individus, ils finissent par se sentir coupables. Il est donc important de relativiser ce désir de perfection qui est sournois et qui finit par évacuer la vie de nos vie».

L'inattendu, ce n'est pas ce que nous attendons, mais bien ce qui nous attend.
Comment recevez-vous ce que vous n'avez pas «demandé» à la vie?

Alors que nous aimons être en contrôle, que nous cherchons les lignes droites et les chemins tracés d'avance, certains événements nous propulsent inévitablement hors des sentiers battus. 

Accepter de converser avec l'inattendu et s'ouvrir à la nouveauté,
  c'est découvrir avec émerveillement que la vie a bien plus d'imagination que nous!

JOHN LENON

«La vie c'est ce qui arrive quand on se préparait à faire autre chose».

Les hasards nécessaires de Jean François VEZINA

La synchronicité dans les rencontres qui nous transforment

 

Chaque rencontre a le pouvoir de transformer le cours de notre histoire. Nous faisons tous l'expérience de coïncidences qui nous déroutent parce qu'elles semblent résolument tourner le dos au hasard.

Nous avons tous rencontré «par hasard» des personnes qui se sont mystérieusement trouvées sur notre route et qui en ont modifié radicalement la trajectoire. Et si les circonstances qui surviennent à des moments précis de notre vie étaient orchestrées dans un but qui échappe à notre conscience?

Qu'est-ce qui nous prédispose à de telles rencontres? Pouvons-nous supposer que nous avons affaire à des messages de l'inconscient qui franchissent, de façon fulgurante, les portes du réel?

Inspiré par le concept de synchronicité du psychiatre suisse Carl Gustav Jung, ce livre propose de nouvelles voies de compréhension reliées à la passionnante question de la synchronicité relationnelle.

samedi 26 mai 2012

ERNEST RENAN

"On ne doit jamais écrire que de ce qu'on aime. L'oubli et le silence sont la punition qu'on inflige à ce qu'on a trouvé laid ou commun, dans la promenade à travers la vie."

Joyful Abandon


samedi 19 mai 2012

La fontaine Medicis


Ce que donne L'amour

Le devoir sans amour nous rend acharné
La responsabilité sans amour nous rend impitoyable
La justice sans amour nous rend dur
La vérité sans amour nous rend critique
L'intelligence sans amour nous rend rusé
La gentillesse sans amour nous rend hypocrite
L'ordre sans amour donne un esprit étroit
L'honneur sans amour nous rend orgueilleux
La possession sans amour nous rend avare
La foi sans amour nous rend fanatique
La vie sans amour est sans valeur.

Refuser d'aimer hypocritement - Thomas Merton, Nul n'est une île, Editions du Seuil 1956

La charité n'est ni faible, ni aveugle. Elle est essentiellement prudente, juste, tempérée, et forte. Si toutes nos vertus ne se fondent en charité, notre amour n'est pas sincère. Quiconque veut vraiment aimer son frère refuse de l'aimer hypocritement. Si nous voulons aimer les autres, décidons-nous à les bien aimer, ou notre amour n'est qu'illusion.

AIMER SANS BLESSER .Maurice Zundel, Vivre Dieu, Presses de la Renaissance, Paris 2007

Les autres sont comme nous. Ils sont en route, ils ont à se faire, à s'accomplir, à dépasser leurs limites, à se libérer comme nous de leur moi préfabriqué et passéiste. Et nous ne pouvons pas vivre sans les aimer. Comment les aimer dans la liberté, dans la transparence, sans nous blesser à leurs limites et sans les blesser par les nôtres ? Là encore, il faut vider nos centres, il faut nous installer à la racine de la vie d'autrui, à la racine de leur personnalité, il faut aller au bout de leur inconscient, en esprit, là où leur vie finit sa source aux yeux. Et quand nous les avons rejoints dans la lumière infinie, quand nous avons créé un espace illimité autour d'eux, alors nous pouvons les aimer sans réserve parce que nous les aimons dans leur devenir, nous les aimons dans leur avenir, nous les aimons dans l'infini pour les atteindre en un jour, comme nous-mêmes, si eux et nous sommes fidèles à notre vocation essentielle.

C'est dans la mesure où nous ne posons pas de limites en nous et les aidons, en nous affranchissant de nous-mêmes de nos frontières, à s'affranchir des leurs, c'est dans cette mesure que la communion entre les hommes, que les amitiés et les amours humaines peuvent se nouer et s'éterniser. Il est totalement impossible de se joindre et de joindre les autres sans passer par ce chemin de lumière et d'amour qui est le Dieu vivant caché au plus intime de nous.

vendredi 20 avril 2012

PRENDRE LE TEMPS DE DIRE

Un jour, un enseignant demanda à ses étudiants d'écrire les noms des autres étudiants dans la classe sur deux feuilles de papier et de laisser un espace entre chaque nom. Puis, il leur dit de penser à la chose la plus agréable qu'ils pourraient dire de chacun de leurs camarades et de le noter.

Cela a pris le reste du cours pour finir cette tâche, et chaque étudiant quitta la salle en remettant ses feuilles à l'enseignant.

Ce samedi-là, l'enseignant nota le nom de chaque étudiant sur une feuille individuelle pour chacun, et inscrivit ce que tout le monde avait dit de chacun.

Le lundi, il a donné à chaque étudiant sa liste respective.


Avant longtemps, la classe entière souriait. « Vraiment? » qu'il entendit chuchoté. « Je ne savais pas que j'avais autant d'importance pour qui que ce soit! » et, « Je ne savais pas que les autres m'aimaient autant.» fut la plupart des commentaires.

Personne n'a plus jamais parlé de ces papiers dans la classe à nouveau. Il n'a jamais su s'ils en avaient discutés après la classe ou avec leurs parents, mais peu importe. L'exercice était arrivé à son but. Les étudiants étaient contents l'un de l'autre.

Ce groupe d'étudiants termina finalement l'année.

Quelques années plus tard, un des étudiants fut tué au Viêt-nam et l'enseignant assista aux funérailles de cet étudiant spécial. Il n'avait jamais vu un homme dans un cercueil militaire avant. Il avait l'air si élégant, si mature.

L'église fut remplie par ses amis. Un à un, ceux qui l'avaient aimé sont allés pour une dernière fois voir le cercueil. L'enseignant fut le dernier à y aller.

Comme il se tenait là, un des soldats qui était porteur du cercueil, est venu vers lui. Il lui demanda : « Étiez-vous l'enseignant de math de Marc? »

Il hocha la tête en signe de « oui. »

Alors il lui dit: « Marc m'a beaucoup parlé de vous. »

Après les funérailles, la plupart des anciens camarades de classe de Marc sont allés déjeuner ensemble. Les parents de Marc étaient là , attendant de parler avec son enseignant de toute évidence. « Nous voulons vous montrer quelque chose, » dit son père en sortant un portefeuille de sa poche. « Ils ont trouvé ça sur Marc quand il a été tué. Nous avons pensé que vous pourriez le reconnaître ». En ouvrant le portefeuille, il a soigneusement enlevé deux morceaux de papier qui avaient évidemment été collés, pliés et repliés plusieurs fois.

L'enseignant a su sans même regarder que les papiers étaient ceux où il avait énuméré toutes les bonnes choses que chacun des camarades de Marc avait dit de lui.

« Merci beaucoup pour avoir fait cela, » dit la mère de Marc.« Comme vous pouvez le voir, Marc l'a gardé précieusement. »

Tous les anciens camarades de classe de Marc ont commencé à se rassembler autour de l'enseignant.

Charlie (l'enseignant) sourit d'une façon plutôt gênée et dit, « J'ai toujours ma liste dans le tiroir du haut de mon bureau à la maison. »

La femme de Chuck (un ancien étudiant) dit : « Chuck m'a demandé de mettre le sien dans notre album de mariage.

« J'ai le mien aussi, » dit Marilyne. « Il est dans mon journal intime. »

Alors Vicky, une autre camarade de classe, prit son livre de poche, en sortit son fragile morceau de papier contenant la liste et le montra au groupe. Puis elle dit : « Je porte ceci avec moi tout le temps » et sans battre de l'oeil, elle poursuivit: « Je pense que nous avons tous gardé notre liste. »

C'est à ce moment que l'enseignant s'est finalement assis et s'est mis à pleurer. Il a pleuré pour Marc et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais.

La quantité de gens dans la société est si grande que nous oublions que cette vie se terminera un jour. Et nous ne savons pas quand le jour viendra. Alors, s'il vous plaît, dites aux gens que vous aimez et dont vous vous souciez, qu'ils sont spéciaux et importants. Dites-leur avant qu'il ne soit trop tard...

Souvenez-vous que vous récoltez ce que vous semez,

PUISSE CE JOUR ÊTRE AUSSI SPÉCIAL QUE VOUS L'ÊTES! ;)

mercredi 18 avril 2012

On ne badine pas avec l'amour

… mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»
 
Alfred de Musset